Audiovisuel & Ecritures

Les prénoms

Les prénoms.

 

Je ne sais pas si vous avez lu dans la presse ou entendu à la radio, mais il y a des parents qui ont appelé leur fille, Lara. Jusque là rien d’extraordinaire. Le seul petit problème c’est que cette famille a pour nom Klette. Alors appeler sa fille Lara, c’est montrer un esprit farceur.

Leurs deux prochaines filles, ils les appelleront sûrement Tara et Sara, ainsi chacune aura la sienne et sera bien nourrie. Imaginez que cette famille ait un lien de parenté avec la famille Tall et que le cousin de ces filles s’appelle Edmond. Je vous dirais là qu’il y a de quoi faire tout un fromage.

 

J’ai mieux ! Oui, j’ai mieux il y a une famille tunisienne qui, pour fêter la fin du règne de Bénali, a appelé sa fille : Facebook… Véridique !  Et c’est pas fini ! Il y a bien eu un Libyen qui a appelé son fils Sarkozy… Oui, Oui ! Hongrois rêver !

 

J’ai un copain qui s’appelle Pierre Garçon et à sa naissance, son père souhaitait l’affubler d’un deuxième prénom : Didier. Sa mère, sur le moment, n’avait rien compris, car elle savait que, dans aucune des deux familles, personne, même très éloigné, ne s’était prénommé ainsi. L’explication du paternel vint à sa rescousse :

 

«-Ce serait bien que dans une famille de prolétaires, comme la notre, il y ait au moins un P. D. G. ! »

 

Comme seule réponse, sa mère a giflé son mari. Je vous jure les parents ne réfléchissent pas autant qu’ils le devraient.

 

Prenez les habitudes des gens des iles : La Guadeloupe, La Martinique etc. Là-bas, ils prennent comme référence les saints des calendriers. Si vous êtes nés un 14 février, vous vous appellerez Valentin ou Valentine. Né un 14 Octobre, vous hériterez du beau prénom de Juste ou Justine etc. Mais dans le lot, il y en a toujours qui n’ont pas de chance. Naître un 14 juillet, par exemple, c’est un drame. S’appeler Fête Nat toute sa vie ou encore Pâques ou Armistice, c’est l’enfer. Parents, je vous en supplie, réfléchissez !

 

Il y a aussi une autre mode qui traverse toutes les générations : celle de prénommer son enfant comme une vedette, une idole, un personnage de télévision. Lors de la période de Dallas, un grand nombre de parents ont choisi pour leur garçon le prénom de Bobby, parce que JR c’était difficile. Mais j’ai bien connu un Jean René et le pauvre s’il n’a jamais trouvé de pétrole, je peux vous confesser qu’il a vécu dans un univers impitoyable.

 

Plus tard, il y a eu une tonne de Michael, de Mylène etc. A l’époque, quand j’étais un tout jeune enfant, c’était l’ère d’Elvis. Pour les plus jeunes, je précise, Elvis Presley, The King, le roi du rock, Elvis the pelvis, consultez pour cela un dictionnaire, vous comprendrez. Lors de ma tendre jeunesse, je vivais dans un pays de soleil qui était, à l’époque, français : je veux parler de l’Algérie et plus précisément de la Ville d’Oran, qui était imprégnée d’une culture très hispanique.

 

Dans ce pays, les cultures se mélangeaient facilement avec parfois malice et bonheur. Il y avait des français venus de la Métropole, que l’on appelait « patos », canard en espagnol, car ils en avaient la démarche. Il y avait des français d’origine espagnole, le plus souvent catholiques. Il y avait des français d’obédience juive que l’on dénommait les «sépharades» pour les différencier des juifs des pays de l’est que l’on appelait les « Ashkénazes ». La blague du moment qui a fait date : Les sert à rien et ceux qui sont nazes. Mais trêve de plaisanterie oiseuse. Et enfin, il y avait des français et des algériens musulmans. Les parents de certains d’entre eux, sans vergogne ni respect pour leurs enfants, les ont prénommés Elvis.

 

Je vous confirme, j’ai connu un Elvis Lebrun. Pour le narguer, en chantant « let me be your teddy bear», des enfants terribles changeaient les paroles ainsi : Oh, laissez-le ! Oh, laissez-le être son ours Lebrun ! Appuyant leur chant, en usant d’un accent pointu de parisien.

 

Puis j’ai connu un Elvis Martinez, il y a bien un Elvis Costello me diriez-vous ? Alors, lui avait droit au début de la chanson du King, le fameux King Créole. Et le « King Créoooooollllleee, Go ! » se transformait, en mimant un danseur de flamenco, par un King Créooo olé !

 

Mais les deux enfants les plus malheureux furent : En premier, Elvis Belkacem ! Pour lui, inventifs comme jamais, les enfants, toujours aussi terribles, avaient choisi la chanson : « All shook up »  dont les paroles étaient les suivantes :

 

A well I bless my soul

What's wrong with me?

I'm itching like a man on a fuzzy tree

My friends say I'm actin' wild as a bug

I'm in love

I'm all shook up

 

Et les enfants de conclure par : I’m all Choukrane.  Belka était, à chaque fois, fou de rage.

 

Mais avec les autres, il se vengeait sur le gamin qui, pour son malheur, avait le plus dur à supporter :

 

« -Ladies and gentlemen, I have the great pleasure to introduce to you :

Elvvvvvvviiiiiiiiisssssss Boutboul !!!!

 

Le seul Elvis plus boule que bout, le seul Elvis plus roll que rock qui se nourrissait plus de couscous que de sandwich à la crème de cacahuètes et pour lequel les marmots chantaient : « Big boss man » ! Parents, s’il vous plait, arrêtez de déconner !

 

Quant à vous, les mal prénommés, Les Adolf (prononcez avec l’azzent), les Norbert, les Epiphanie etc. N’oubliez jamais que, malgré votre handicap patronymique, vous êtes uniques, donc exceptionnels.



06/12/2014
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