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La poupée

La poupée.

 

Julie était une petite fille de douze ans, au visage angélique picoré par des taches de rousseur pour agrémenter sa pâleur. Des tresses claires encadraient son minois qu’elle avait joli, si elle se laissait aller à sourire. Mais Julie était une petite fille triste. Bonne élève, presque toujours dans les premières de sa classe, ses professeurs la félicitaient souvent. Mais Julie ne leur adressait jamais un sourire de sollicitude polie, elle restait triste.

 

Une large main noire releva un lourd rideau métallique, dévoilant une vitrine sombre où de nombreux objets hétéroclites étaient disposés dans un désordre étudié.

 

Si Julie était triste, cela venait de la banalité de sa vie familiale. Car elle vivait, dans un trois pièces étroit, avec sa petite sœur, Georgette, âgée de deux ans, son beau-père et sa mère. La mère, épuisée par une journée de travail à l’usine, se chargeait malgré tout des tâches de la maison dès qu’elle retrouvait le foyer familial, simplement aidée par Julie. Car l’homme de la maison entrait rarement avant vingt deux heures et se foutait éperdument du ménage. Quand il daignait rentrer, il était torché comme il disait. Il ne souhaitait qu’une unique chose : c’était que son assiette soit prête et chaude et que tout le monde soit couché pour ne pas le voir dans cet état. La mère exécutait les volontés du mâle, car elle savait celui-ci violent, quand il n’obtenait pas satisfaction.

 

La même large main noire déclencha un interrupteur, illuminant faiblement la devanture de l’échoppe. De tristes masques indigènes, des boucliers sobrement décorés de couleurs vives, des statuettes sculptées dans des bois noirs, des grimoires aux couvertures déchirées, des bocaux en verre contenant divers batraciens et reptiles se disputaient un maigre espace vital, dans cet étroit étal au verre épais.

 

Plusieurs fois, Julie avait assisté, impuissante, aux actes de violence prodigués à sa brave et malheureuse femme par l’indigne chef de famille: une esclave et un souffre-douleur sous sa volonté, voilà ce que Julie pensait de sa mère, voilà ce qu’elle ne voulait jamais vivre lorsqu’elle serait plus vieille. Alors, pour tenter d’oublier ce désolant spectacle, Julie se confiait à ses deux plus chères amies : ses deux poupées.

 

Il y avait Gorshka, une poupée sans âge, au visage renfrogné, à la chevelure en crin grossier. Elle représentait une vieille sorcière de Transylvanie, relique léguée par sa grand-mère maternelle. Julie portait, pour cette représentation hideuse, une affection toute particulière. Cet amas de chiffons, avec un visage difforme de vile prêtresse, était capable de réaliser des choses prodigieuses pour elle, du moins le pensait-elle : comme envoûter des animaux agressifs ou encore jeter des sorts à des pisseuses de voisines, jalouses de ses succès scolaires ou bien la protéger de la colère aveugle du parâtre.

 

Il y avait aussi Makuturo, un sumotori à la peau lisse, au corps gras constamment huileux, vêtu d’un simple pagne de couleur noire. Son faciès écrasé, couronné par un chignon brun retenu par de longues épingles de bois, n’esquissait qu’un léger rictus effrayant, afin d’impressionner un éventuel adversaire. Makuturo était le gardien des nuits de Julie, il veillait sur son sommeil et lui assurait des rêves plus doux, plus exaltants que son affligeante réalité. Par sa présence, il chassait les cauchemars, pouvant être provoqués par un beau-père irrespectueux.

 

Minutieusement, les mains noires du propriétaire du magasin allumèrent un à un de longs cierges en cire colorée. Par leurs volutes éphémères, ils dégagèrent des émanations fleuries. L’homme créa une dernière flamme qui rayonna juste assez pour faire briller sa large et blanche dentition. C’était une sorte de géant maigre au teint d’ébène, à la chevelure crépue avec quelques tâches de couleur mauve parsemées ça et là. Il provenait d’un pays africain où des empereurs autoritaires s’étaient succédé pour s’enrichir aux dépens de leur population. Son allure pouvait effrayer, si on le croisait au détour d’une rue isolée, ou rassurer, si on prenait le temps de fixer son regard clair dégageant une bonté infinie, malgré l’étincelle mystérieuse, créée par les flammes des longs cierges.

 

Ce soir-là, avant de s’endormir, Julie demanda à Gorshka de rendre les effets de l’ivrognerie du parâtre inoffensifs. Il devrait être tellement torché qu’il n’aurait qu’une seule envie : dormir au plus vite. Cela l’empêcherait sûrement de venir dans la chambre des enfants. Puis, elle implora Makuturo pour qu’il l’expédiât dans un pays merveilleux. Les deux souhaits furent réalisés. Durant son paisible sommeil, Julie rêva d’une vie plus douce, sans cris, sans heurts, sans violence en tout genre. Un rire fort et caverneux vint troubler son rêve l’espace de quelques secondes, puis Morphée s’empara de Julie et tout s’éclipsa miraculeusement.

 

Au réveil, ce fut une autre histoire. Julie prenait son petit-déjeuner avant de partir à l’école et l’homme de la maison arriva, titubant, maugréant des insanités d’adultes. Il se tenait la tête, car elle lui faisait atrocement mal. Bousculant la petite Georgette, se trouvant malencontreusement sur son chemin, il hurla.

 

— Tu ne peux pas me débarrasser de tes pisseuses de bon matin !

 

Sa femme se précipita, prit la benjamine dans ses bras et l’installa sur une chaise haute. Quand il s’assit, Julie le toisa témérairement, mais il ne releva pas l’affront. D’un geste malheureux, il fit tomber un bol qui se brisa sur le carrelage de la cuisine et éructa un « merde ». Son épouse, soumise, ramassa rapidement les débris, en rassurant son maître: «cela n’est pas grave !». Julie, avec compassion, l’observa essuyer le sol, puis osa adresser un regard de désapprobation à son beau-père. En réaction, une main lourde gifla son visage frêle pour faire disparaître ce regard accusateur. La fillette encaissa le coup sans gémir. Malgré une vaine récrimination de sa mère, l’homme hirsute ne s’excusa pas. Sans aucun autre commentaire, il prit son petit-déjeuner et s’en alla. Peu après, Julie prit ses affaires et quitta la maison.

 

Durant son périple quotidien, Julie traînassa. Passant devant les échoppes habituelles, elle avançait à son rythme, un rythme triste. Dans son lent cheminement, Julie porta son regard rêveur sur un nouveau commerce, qu’elle ne connaissait pas. Dans la vitrine sombre, en dehors des œuvres artistiques de créateurs africains, de petits tubes colorés contenant diverses poudres aux pouvoirs insoupçonnés retinrent son attention. A côté d’eux, une poupée en chiffon sans aucun trait de visage la charma, le temps d’une rêverie. La cloche de l’école, lui annonçant l’heure de la rentrée imminente, la fit revenir dans le monde réel. Elle était en retard ! Elle leva les yeux vers le haut de la rue et son regard croisa celui du propriétaire de la boutique. C’était le géant maigre, l’Africain aussi noir que ses statuettes. Pour l’amadouer, il lui sourit en lui dévoilant une large mâchoire aux dents imposantes et d’un blanc pur. Au lieu d’être rassurée par ce sourire généreux, Julie paniqua et quitta les abords du bazar en courant, tentant d’arriver à temps à l’école.    

 

A midi, elle se priva de son repas à la cantine pour retrouver la façade vitrée et sombre de l’échalas africain, à la dentition étincelante et effrayante. La poupée en chiffon était toujours là, intrigante, énigmatique, évocatrice d’une culture mystérieuse. L’apparition du boutiquier noir n’apeura plus Julie. En le fixant, elle avait découvert, dans ses yeux clairs, cette réminiscence de bonté infinie qui la rassura. L’homme articula d’une voix caverneuse et grave :

 

— Elle te plaît la poupée ?

— Elle est étrange, lâcha dans un murmure Julie.

— Elle est plus que ça, si tu savais tout !

— Ah ?

— Tu veux la voir de plus près ?

— Je veux bien, mais … hésita Julie.

— Viens ! lui intima le géant à la peau d’ébène, en lui tendant une main large et crevassée par de larges sillons, signes d’un destin capricieux.

 

La jeune enfant pénétra dans l’antre noir, simplement éclairé par la multitude de longs cierges, dégageant la même enivrante odeur fleurie. Des yeux la fixaient. C’étaient ceux d’oiseaux empaillés, de masques aux orbites évidées, de statuettes décorées par des pierres précieuses et brillantes. Envoûtée par ces esprits voyeurs, Julie fut surprise quand l’homme brandit la poupée sous ses yeux. Une face sans âme la taraudait, l’enfant était sous son emprise, incapable de réagir. Mécaniquement, sa main frêle s’approcha de l’objet enchanteur, elle l’empoigna. Julie, pour la première fois, sous l’effet extraordinaire de la poupée en chiffons, se mit à sourire. Son visage s’épanouit, il rayonna. L’enfant s’étonna même d’être la victime consentante d’une telle attitude. Rassurant, réconfortant, l’homme posa sa large main sur la chevelure de la petite fille et la fit revenir dans le réel.

 

— Elle te plaît bien ?

— Oui, monsieur ! Elle vaut cher ?

— Personne ne pourrait la payer à sa juste valeur, mais pour toi je te la laisserai à trente Euros.

— Trente Euros ? pâlit la pauvre Julie.

— C’est beaucoup ?

— Pour moi, oui ! Mais si vous me la gardez, je vous promets que je réunirai la somme demandée, car je la veux !

 

Devant tant de détermination, l’homme se mit à rire fortement, éprouvant l’émotivité de la jeune fille volontaire. Puis, sentant qu’il mettait mal à l’aise l’enfant, il se calma et lui dit, sécurisant :


— Moi aussi, je te le promets, je ne la vendrai qu’à toi ! J’attendrai que tu m’apportes les trente euros. Mais, de toi à moi, elle en vaut plus ! Car c’est une poupée magique !

— Magique ? balbutia Julie.

 

La répétition du mot «magique», provoquée par la voix troublée de Julie, fit rire à nouveau le maître noir de ces lieux. Julie, décidée, prit une grande respiration, inclina la tête pour accepter le marché proposé et s’en alla, le géant riait toujours, exposant à l’air vif sa dentition étincelante.

 

Le soir, Julie confia à ses deux amis qu’elle avait fait la connaissance d’une poupée spéciale et, bientôt, elle les rejoindrait pour agrandir son club d’initiés, son univers particulier. Elle leur parla longtemps des pouvoirs mystérieux de la poupée et de sa rencontre avec le géant black. Les deux poupées partagèrent la joie de leur amie et réalisèrent les deux rituels vœux de Julie. Elle s’endormit sans peine. Cette nuit, le beau-père, encore une fois, ne franchira pas le seuil de la chambre des enfants.

 

Pour pouvoir s’offrir sa poupée, Julie décida de se priver, chaque midi, de son repas pris à la cantine. Elle mit ainsi de côté les deux Euros, donnés le matin par sa mère, pour régler le complément du prix du repas prodigué par l’école. En compensation, Julie mangeait de plus bel appétit le soir. En fin d’après-midi, l’enfant versait son écot au grand Africain, il notait ainsi, sur un large registre, le paiement fractionné. Puis, de sa voix grave, il lui annonçait le reliquat à régler. Julie enregistrait le résultat et s’en allait, en jetant un dernier coup d’œil à la poupée tant convoitée, sous le rire lumineux de l’Africain.

 

Quinze jours passèrent, durant lesquels Julie assista impuissante aux humiliations que le parâtre faisait subir à sa mère, aux sautes d’humeur de l’homme aigri et rendu violent par les effets de l’alcool, à ses venues dans la chambre des enfants pour manifester un ulcérant manque de virilité maladive auprès de Julie. Ses poupées et confidentes discrètes n’avaient pas assez de pouvoirs pour l’en empêcher. Quinze jours passèrent, durant lesquels elle économisa ses deux Euros, se privant à chaque fois d’un repas. Tous les soirs, elle implora ses deux amis pour l’aider à supporter tous ces tracas et ses deux êtres magnifiques tentèrent de concrétiser ses prières. Durant ces nuits là, deux yeux clairs emplis de bonté surgirent dans ses rêves, accompagnés par un rire tonitruant et caverneux. Julie n’en était plus gênée, bien au contraire ce rire caractéristique la rassurait.

 

Le jour du solde arriva enfin. Le boutiquier l’attendait sur le seuil de son magasin. Quand il vit Julie, sourire aux lèvres, courir pour atteindre son échoppe, il se mit à rire, de ce rire franc qui avait perturbé Julie la première fois. Il entra dans la boutique, prit la poupée sans âme dans ses mains et la déposa sur le comptoir, l’asseyant sur le rebord vitré de celui-ci. Disposée ainsi, la poupée semblait attendre patiemment l’arrivée de sa nouvelle propriétaire. Quand Julie entra enfin et l’aperçut, elle fut comme paralysée, envoûtée par la puissance invisible, dégagée par cet assemblage sommaire de chiffons et de paille. Le rire de l’Africain la libéra de l’emprise de la figurine.

 

— Tu as les deux derniers euros, Julie ?

— Oui, Monsieur Bamako !

— Alors viens, j’ai des choses à t’apprendre sur la poupée «magique» !

 

Puis, il éclata de rire, après avoir prononcé ce dernier mot plein de mystères.

 

Il amena la petite Julie dans une espèce de cavité, située au bout de l’antre. C’était comme une sorte de petite grotte creusée à même la pierre de la bâtisse. Éclairée par des veilleuses disposées dans des verres remplis d’eau, elle recelait une multitude de poupées sans visage, toutes apparemment semblables à la poupée de Julie, mais toutes différentes par d’infimes détails. Monsieur Bamako lui expliqua longuement chaque différence et lui fit don de petits objets appartenant à sa nouvelle confidente : sa poupée magique.

 

Durant le retour vers l’appartement, Julie rêvassait. La poupée était enfouie dans son cartable, juste en dessous de deux livres. Elle les avait placés reliures vers le haut, afin de laisser les pages des livres constituer un abri douillet, mais secret à la poupée. Dans ses pensées, soulignées par son regard clair, Julie imaginait réunir ses trois amis pour organiser, ce soir, l’ultime cérémonie qui la délivrerait de plusieurs maux.

 

Pendant le repas du soir, Julie mangea, et pour cause, avec un très bon appétit. Ce fait ne surprit pas sa mère. Mais de la voir sourire, après chaque cuillerée avalée goulûment, l’intrigua quelque peu. Le beau-père, pour une fois présent lors du dîner, s’en inquiéta :

 

— Qu’est-ce qu’elle a ta Julie ? Non seulement elle bouffe comme un goinfre depuis quelques soirs, mais voilà qu’elle sourit bêtement toute seule.

— Je ne sais pas ! Qu’est-ce que tu as Julie ?

— Rien, maman ! Rien !

— C’est louche tout ça, éructa le beau-père. Mais tant qu’elle ne me casse pas les pieds, ça ira !

 

La conversation s’arrêta là. Malicieusement, Julie effaça son sourire ; il ne fallait plus éveiller les soupçons.

 

La nuit, toute la maisonnée dormait et Julie avait réuni ses trois poupées côte à côte. Elles semblèrent communiquer entre elles. Julie laissa le contact s’instaurer et s’empara d’un petit livre noir aux finitions dorées, livret fourni par le géant noir. Elle le lut avec attention, sous les regards réels ou inconsistants de ses complices inanimés. Puis discrètement, en veillant à ne pas réveiller sa sœur, dormant dans la même chambre, Julie sortit du tiroir de sa table de chevet une petite bougie de cire rose et trois longues épingles dorées. Elle alluma la bougie et la posa délicatement sur la table de chevet. Elle plaça, tout près de la bougie, sa nouvelle confidente mystérieuse, puis reprit le livret et murmura des phrases incompréhensibles. Ses yeux brillèrent par l’influence de la flamme vacillante de la bougie, ses deux anciens complices semblèrent obnubilés par le spectacle offert par Julie, leur amie. La première épingle dorée était dans la main de Julie.

 

En ce vendredi matin, le lot de vexations quotidiennes à l’encontre de sa toute nouvelle petite famille, bien encombrante, avait été versé par le mâle de la maison, en proie à ses sempiternels maux de têtes. Georgette avait eu droit à un «sale pleureuse !», la mère à un «souillon de paresseuse !», quant à Julie à un «face de carême triste !». Puis chacun vaqua à ses occupations. La mère prit Georgette avec elle, pour la déposer à la crèche, avant de se rendre à son travail. Le parâtre, d’un pas mal assuré, alla à son usine destructrice d’âmes. Julie parcourut son chemin la menant à l’école.

 

En passant devant le commerce de Monsieur Bamako, elle sourit à l’Africain, posté sur le seuil du magasin, et appuya son sourire par un mouvement de tête volontaire, pour lui confirmer : le travail a été fait. Bamako se mit à rire fortement, comme il savait si bien le faire.

 

Julie suivit tous ses cours avec une attention soutenue, comme elle le faisait habituellement, mangea d’un bon appétit à la cantine, surprenant ses camarades qui la voyaient pour la première fois sourire. Après avoir suivi les cours de l’après-midi, elle quitta l’école rapidement. Sur le chemin du retour, elle put constater à regret que l’échoppe de Monsieur Bamako était fermée; un lourd rideau métallique masquait aux chalands sa vitrine sombre, aux trésors insoupçonnés.

 

Le dîner se passa sans histoires ni cris, car seules les trois femmes étaient à table. Rituellement, le vendredi soir, l’homme de la maison se saoulait la gueule avec plus d’allant que les autres soirs, car le lendemain était chômé. Ce soir encore, il ne dérogea pas à la règle. Son régime préféré se composait d’une série de demis de bière, accompagnée par de petites doses de Tequila pour faire passer l’absorption de bière. Encouragé par ses compagnons de beuveries et de misère, il augmenta les doses de bière, les demis ne lui suffisant plus. Il remplaça les petits verres de Tequila par des mesures plus importantes de Vodka à l’herbe de bison. Un cocktail véritablement explosif et il le fut.

 

Alors que tout le monde dormait du sommeil du juste dans la maison de Julie, des hommes en uniforme frappèrent lourdement à la porte. Ensommeillée, les yeux dans le vague, le visage ahuri, la mère vint ouvrir la porte de l’appartement. Elle se retrouva face à deux policiers en tenue. Ils s’étaient composé un triste faciès; l’annonce était difficile à articuler. L’un d’entre eux l’avisa de la mort de son ami. Le policier précisa que le beau-père, en sortant du bar qu’il fréquentait, s’était affalé comme une masse sur le macadam et n’avait jamais pu se relever. Julie, sur le seuil de sa chambre, avait tout vu et tout entendu. Son sourire faisait plaisir à voir, dans ses pupilles dansaient la pure et blanche dentition de Monsieur Bamako qui riait fortement. Julie détourna son regard de la porte d’entrée pour le porter sur le dessus de sa table de nuit.

 

La bougie veillait toujours sur elle et ses amis, disposés autour du petit cierge. Gorshka, dans une posture menaçante, fixait Julie. Makuturo, en guerrier nippon agressif, lui adressa son plus beau rictus menaçant. Tout à côté de lui, la poupée en chiffon, provenant de chez Monsieur Bamako, avait retrouvé visage humain, en la représentation photographique du beau-père de Julie. Son corps mou avait été transpercé de part en part par les longues épingles dorées. Cet état fit sourire béatement Julie. A chacun son monde, à chacun ses mystères, pensa-t-elle. N’est-ce pas Monsieur Bamako ?

 

Un rire puissant et caverneux lui répondit.

Nouvelle extraite du recueil de nouvelles "En toiles de fond" signé Paul G. Sergeant en numérique sur Amazon  

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25/08/2018
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