Audiovisuel & Ecritures

Le scénario en toute simplicité- guide pratique

Le scénario, en toute simplicité

 

De tout temps, les hommes ont aimé raconter des histoires, certains étaient nettement plus talentueux que d’autres, retenant ainsi l’attention de leur entourage. Les troubadours, les conteurs, les écrivains, les poètes se sont succédé pour raconter à leur auditoire des histoires simples, abracadabrantes, ordinaires ou extraordinaires. Chacun utilisant les mots justes, le ton adapté pour charmer leur public. Pour cela, ils étaient les seuls à créer leur texte et ne dépendaient que des jugements des puissants ou des éditeurs pour bénéficier de leurs grâces. Avec le temps et l’invention du cinématographe et de la télévision, un autre acteur est arrivé sur cet espace de création : le scénariste.

 

Le scénariste est un créateur particulier, très estimé et organisé dans les pays anglo-saxons, il l’est moins en Europe et plus précisément en France où son rôle n’est pas apprécié et considéré à sa juste valeur. Pourtant de lui dépend, en grande partie, le succès d’un film. Mais contrairement au romancier, c’est un écrivain particulier.

 

Un scénariste n’est pas un auteur, comme on l’entend en édition littéraire. Il n’est pas, comme l’auteur littéraire, face à deux interlocuteurs: l’éditeur et les lecteurs. A la demande d’un producteur ou d’un diffuseur, tel que les chaînes de télévision, ou d’un réalisateur, voire d’un acteur, il crée une histoire et des personnages. Il peut aussi écrire une histoire et la proposer ensuite à ces mêmes acteurs. Il est confronté ensuite à plusieurs «censeurs» ou personnes susceptibles «d’adapter» son texte. A savoir, le producteur, les distributeurs, les diffuseurs, le réalisateur et les acteurs.

 

Un producteur, même s’il a l’âme d’un créateur, doit faire attention au budget de sa production, il doit savoir évaluer dans un scénario ce qui est indispensable et ce qui est inutile, donc dispendieux, adaptable.

 

Les distributeurs doivent évaluer un scénario avant qu’il ne devienne un film, l’étudier pour cibler leur public et estimer le coût de son lancement en publicité, affichage, interviews etc.

 

Les diffuseurs originels, à savoir les exploitants de salles de cinéma, qu’ils soient un groupe comme Pathé ou des indépendants, sont aussi partie prenante dans ce secteur de la production. Ils sont amenés à évaluer, par la durée du film, sa programmation, le nombre de séances possibles en une journée. Ils consacreront un certain nombre de leurs salles à tel film, ayant au générique tel ou tel acteur ou actrice, ou à des genres définis plutôt qu’à des films à risques, avec des inconnus à l’affiche. Suivant leur public, ils mettront tel ou tel film durant une période distincte et d’autres films à d’autres périodes avec plus ou moins de salles que les premiers. De la teneur du scénario dépendra sa large diffusion ou pas. Un élément que doivent prendre en compte le producteur et le scénariste.

 

Les nouveaux diffuseurs, notamment les télévisions très souvent partenaires décisifs dans la fabrication des films, doivent évaluer le projet du film, avant d’investir. Ils doivent estimer sa durée et la cible des téléspectateurs visés, de ces deux critères dépendront sa programmation sur leur grille de programmes. Si le film est autorisé à tous les publics, s’il est interdit aux moins de douze ans ou s’il est interdit aux moins de seize ans, il ne sera pas programmé à la même heure et ne pourra pas attirer, suivant l’horaire et l’interdiction du film, un certain nombre d’annonceurs.

 

Tous ces critères doivent être pris en considération, même si le scénariste veut les ignorer. Son producteur devra être attentif à tout cela pour que son opération «commerciale» soit rentable.  (A suivre)



11/06/2014
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